dimanche 10 février 2013

♫ Indochine "Black City Parade" : Ville éteinte

Il est reconnu que les grandes villes urbaines sont entourées par une pollution ambiante très importante. Que ce soit la pollution atmosphérique ou la luminosité produite par l'éclairage nocturne, le tout perturbe fortement l'observation de la voûte céleste et du ciel d'Indochine.

"Le combat dans nos étoiles" chante Nicola Sirkis dans la dernière chanson, fin du vain combat de 72 minutes de vide quasi intersidéral. On le savait déjà : la guerre des étoiles n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Au lieu de revenir avec un mini album comme leurs ex-complices de Placebo, qui ont plus de lucidité sur leur difficulté à se renouveler, le groupe nous livre ici 14 titres, étirés jusqu'à épuisement (5 minutes chacun en moyenne), et dont la moitié est en trop.
Après La République des Meteors qui avait le mérite de contenir quelques pépites inoubliables et de tenir la barre sur à peu près toute la longueur, ici, le nouveau cru d'Indochine fait bien illusion pendant quelques titres avant de sombrer très rapidement, à pic, définitivement, comme le Titanic.
 
Le son n'est pas gros, il est plat. Les chansons ne sont pas plates, seuls les refrains le sont.
Mais c'est important un refrain. Le refrain est à une chanson ce que "J'ai demandé à la lune" est à Paradize.

Déjà, le single "Memoria", sans charme véritable (un peu comme le clip), laissait craindre le pire. Un truc comme ça en premier single laisse souvent présager un album que l'artiste a oublié de jeter à la poubelle (ou d'appeler Titanica). Finalement, pire qu'un album à jeter, Black City Parade sonne comme un album posthume. Mais vraiment posthume de chez posthume, plus posthume encore que Michael pour Michael Jackson.

Pour dire les choses, si La République des Meteors était un single, Black City Parade serait sa Face B (les plus de trente ans me comprendront).
Ce que je sauve de ce naufrage en eaux troubles, c'est surtout "Le Fond de l'air est rouge", seul single potentiel (à condition de le remixer par David Guetta) et le somptueux "Wuppertal" - malheureusement gâché par trop de pathos dégoulinant à mi-parcours -, qui n'aurait pas détonné sur Dancetaria. Parfait pour terminer un concert, en dernier rappel.
Bon, et "Traffic Girl" offre un beau sursaut mélodique dans la deuxième partie du disque.
Malheureusement, parions que dans quelques années, quand Indochine sortira son prochain album studio, la tournée qui le suivra ne reprendra aucun titre de Black City Parade. Le pari est lancé.

Le jour est arrivé où je peux dire : "J'aimais bien Indochine avant". C'est important, dans la vie d'un homme, ce jour-là.

J'attendais un album couleur du soir printanier, comme à chaque fois avec Indochine (surtout dans les années 80), mais là, c'est le trou noir. J'écoute intensivement les Beatles, Lennon et Georges Harrison depuis plusieurs semaines, le contraste avec le nouveau Indochine est cruel pour les français.

Un signe qui ne trompe pas, en général : lorsqu'on dit d'un album, à sa sortie, qu'il est "taillé pour la scène" (expression qui ne veut rien dire), c'est qu'il est médiocre, ni taillé pour les charts (pas de single évident), ni taillé pour être écouté. Genre, "l'album n'est pas terrible mais c'est normal : il révèrera toutes ses saveurs en concert !!"

Vivement la prochaine black celebration de Depeche Mode !

Critique album Black City Parade Indochine, Indochine Black City Parade, Indochine Memoria


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...