vendredi 6 mars 2026

♫ Archive Bakchich : chronique de "Alain Souchon est chanteur" (album live de Souchon)

 


De 2008 à 2011, j'ai collaboré au média Bakchich (sorte de Canard enchaîné du net) où j'étais chroniqueur musical.

Depuis, le site Bakchich.info a disparu et ses archives avec.

Je vais donc republier ici mes chroniques publiées à l'époque.


Aujourd'hui, place au live Alain Souchon est chanteur, sorti en 2010 :


Souchon est (en)chanteur : la souche sort un album live aux vertus de madeleine de Proust. On est tous des français de (la) souche.

Souchon avait déclaré à l’époque de son excellent album Au ras des pâquerettes (1999) qu’il allait probablement arrêter sa carrière, qu’il ne se voyait pas finir comme Ferré.


Heureusement, il n’a pas arrêté. Il a même publié, avec Ecoutez d’où ma peine vient, l’un des plus beaux disques français de l’année 2008 (avec Bashung, Sheller, Manset, Murat et Christophe). Au moins, il ne finira pas comme Voulzy, c’est déjà ça.

Et pourtant, Souchon avait sorti en 2005 La vie Théodore, album si calamiteux (à l’exception des bijoux «Et si en plus y’a personne» et «Le marin») que Yves Simon en personne avait refusé de le chroniquer pour mon ouvrage Chroniques de luxe (40 chanteurs francophones chroniquent le dernier album de 40 chanteurs francophones) alors qu’il s’y était engagé. Yves, si tu nous lis...

Alors oui, Souchon est probablement un personnage faussement lunaire, agaçant par son côté « la vie serait tellement plus chouette si on vivait au pays de Oui Oui. »

Souchon n’a, de ce côté, rien à envier à Bruel. A un détail près : il a un talent édifiant (et Bruel ne connaît pas Ferré, sinon il n’aurait jamais rien enregistré). Souchon est aussi très probablement un très gros bosseur, même s’il joue sur le côté : « j’ai de la chance ». Qu’on soit passé aux 35 heures n’a rien changé à la qualité de son œuvre, comme c’est bizarre.

Sa musique correspond aux canons de la grande variété, celle que l’on croisait sur les ondes en 1985 : « L’Aziza », « Mistral Gagnant », « Ballade de Jim », « Nuit sauvage », « Quelque chose de Tennessee », « Tombé pour la France », etc. Qu’est-ce que signifie la grande variété aujourd’hui ? Bon d’accord, le dernier Françoise Hardy est très beau. Souchon est toujours aux avant-postes sans se renier, sans nouveau concept à chaque apparition, sans demander à Doc Gynéco ou à Grand Corps Malade d’écrire ses textes. De plus, il ne capitalise pas sur un vieux répertoire (seules 6 chansons sur les 24 présentées datent d’avant les années 90/2000). Et un type qui cite Robert Zimmerman (Cf « Les regrets ») fait-il encore vraiment partie de la variété ?

Et il gueule sur ce live, et ça vibre, plus que chez Johnny !

Ce double album est magnifique de bout en bout, Souchon est à son affaire, il déballe le tapis rouge pour son œuvre exemplaire, il y met - avec ses musiciens - son cœur d’artichaut et ses tripes, c’est peut-être cela qu’on appelle le bonheur.

Message à Saez et Soan : Souchon est la preuve qu’il ne suffit pas d’être déprimé ou faussement déprimé pour écrire de superbes chansons, habitées, intelligentes, senties, écorchées ou torturées (bien plus qu’elles n’en ont l’air).

Les fans ultras regretteront l’absence de « Ballade de Jim » ou de « Ultra moderne solitude », mais on ne va pas chipoter : Souchon a 66 ans, et basta.


Edit 2026 : Soan ? Qui sont ces gens-là ? Oui bon... chronique très paresseuse, on sent que je n'étais plus payé (lol). Pas d'interview du chanteur ici, et pour cause, je ne l'avais pas sollicité (disons que je n'avais sans doute pas trouvé son contact...). 

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