samedi 31 mai 2014

♫ Dans ma discothèque (3)

Love of Will, de David McComb. Album sorti en 1994.

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David McComb est mort en 1999, à l'âge de 36 ans. Quand Bernard Lenoir a annoncé la nouvelle dans son émission de France Inter - seule radio que je captais en grandes ondes à l'endroit où je me trouvais ce soir-là - je n'ai pas pu le croire, j'avais sans doute mal entendu (l'info avait été super brève, 10 secondes, l'animateur n'avait pas répété le nom). Les jours suivants, la nouvelle tant redoutée était bien confirmée dans un entrefilet des Inrocks il me semble. David McComb était le chanteur des Triffids, groupe que j'avais découvert par hasard et aimé d'emblée avec l'album Calenture (1987), acheté parce que je trouvais la pochette belle. L'une de mes favorites sur cet album était "Kelly's Blues" :



J'adorais le côté "romantisme du grand large bleu écarlate" qui émanait de leurs compositions, avec un côté authentique et désespéré dans le chant. Ils pouvaient se montrer plus légers, de manière tout aussi efficace, sur "Open Your Door" par exemple. Rapidement, j'ai possédé l'intégralité de leur discographie, avec toujours le même bonheur. Certaines de leurs chansons m'ont vraiment touché et obsédé pendant longtemps : "Hell of a Summer", "The Seabirds", "Red Pony", "Life of Crime", etc.



Dans les années 90, c'était difficile d'avoir des nouvelles de ses groupes favoris : il n'y avait pas internet. Il fallait attendre l'annonce d'un album dans la presse ou découvrir son existence dans les rayons des disquaires. Quand David McComb est mort, je ne savais même pas qu'il avait sorti un album solo. L'existence des Triffids semblait avoir été mise entre parenthèses depuis quelques années, sans autres précisions (le groupe était malgré toutes ses qualités resté très confidentiel).

Si Love of Will avait été signé Lou Reed ou le Velvet Underground, il serait considéré aujourd'hui comme un album référence de l'histoire du rock. La magie opère crescendo pendant les 13 titres, amenant l'auditeur au septième ciel dans un nuage de mystères. Mélancolique, racé, électrique, bluesy, rock, mélodieux, aérien, brûlant, rugueux, venimeux, roots, liturgique, damné, Love of Will est tout cela, avec un éclat lumineux particulier pour chacun de ces aspects. Bon, et ce n'est pas rien, il contient la meilleure chanson du monde à mes yeux : "The Lord Burns Every Clue", qui ne quittera plus jamais votre cerveau après y être entré.

jeudi 29 mai 2014

♫ L'écrivaine Claire Chazal a dit un jour

Alors qu'on l'interrogeait un jour sur son prochain livre en préparation, Claire Chazal avait répondu (je cite de mémoire) : "On ne peut pas dire qu'on a commencé un roman tant qu'on n'a pas écrit 80 pages". Hé bien je peux le dire : j'ai commencé mon premier roman !! (81 pages pour l'instant, entre Grangé et Kafka - c'est l'intention qui compte !).

Et voici les deux premiers mots du roman : "Mon fils..."

Keep in touch !

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mercredi 28 mai 2014

♫ Dans ma discothèque (2)

Forth, de The Verve. Album sorti en 2008.

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Je n'ai jamais été un inconditionnel des Verve (j'avais bien aimé "Sonnet" sur Urban Hymns), mais je dois dire que Forth est tout simplement miraculeux : il sonne comme l'album que John Lennon aurait enregistré au paradis (sans Yoko Ono donc). Et d'ailleurs, la pochette le confirme.






mardi 27 mai 2014

♫ Dans ma discothèque (1)

Birds of Passage, de Bel Canto. Album sorti en 1990.

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Ce trio norvégien a émerveillé mes oreilles le temps de cet album hors du temps, versant glacier maritime qui réchauffe l'âme.

Anecdote : je les ai vus lors d'une dédicace FNAC, d'où je suis revenu avec une magnifique affiche du visuel de l'album, tout heureux de pouvoir l'accrocher dans ma chambre. Quelque temps plus tard, un oncle misanthrope est passé dans ma chambre en mon absence, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir cette inscription outrageante produite au feutre noir sur l'affiche et barrant en lettres capitales le bel océan bleu : NTM ! Je me souviens très bien avoir eu une envie soudaine d'onclicide !!

lundi 26 mai 2014

♫ La jeunesse n'emmerde plus le Front National !

Un jeune de moins de 25 ans sur trois a voté Front National (source : journal de 12H30 de RTL, 26 mai), faisant démentir la chanson des Bérurier Noir "La Jeunesse emmerde le Front National".

L'info est également reprise dans l'excellent article d'Elisabeth Levy publié ce matin sur Causeur.fr :
http://www.causeur.fr/fn-dlr-ump-europeennes-27747.html

J'apporte juste un petit rectificatif : hier, le PS n'a pas fait 15 %, mais 13,98 % (associé au Parti radical de gauche).

Heureusement que Manuel Valls est un ministre populaire, sinon, qu'est-que ce serait ? D'ailleurs, s'il est si populaire, pourquoi a-t-il réagi par une allocution télé enregistrée dans son bunker ? Bunker Palace Hôtel ?

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                                                                 Réunion de crise à l’Élysée le lundi 26 mai à 8H30

                      

dimanche 25 mai 2014

♫ Les journalistes parisiens découvrent Les Nus




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Un miracle n'arrive jamais seul : ce mois-ci, dans la rubrique "Mes disques à moi" de Rock&Folk, Miossec cite Les Nus et dit de leur unique album : c'est un disque important pour le rock français (je cite de mémoire, j'ai feuilleté vite fait le mag en kiosques). Bon, venant de Miossec, ça ne m'étonne pas, il a toujours défendu Les Nus. Au moins, ils ont reproduit la pochette de l'album, ça change des sempiternelles mêmes albums "références" cités et affichés tous les mois dans cette rubrique. Mais une autre surprise m'attendait plus loin, toujours dans ce même numéro : le DVD live des Nus (concert de reformation filmé l'an dernier à Rennes, sur leurs terres) fait partie de la sélection du mois ! Waow, que se passe-t-il ?! On apprend au passage, mais ce n'est pas étonnant, que ce DVD est autoproduit. Bref, Les Nus traités comme un trésor de notre patrimoine en 2014 par les mêmes qui les ont toujours ignorés, mais où va la critique rock française parisienne ? Aurait-elle trouvé le chemin des oreilles et du bon sens (et de la sortie du périph' surtout) ?

Pour les rock critics parisiens, si vous n'êtes pas de Paris vous êtes difficilement crédibles. Ou alors, il faut que vous veniez des canyons profonds de l'Illinois, ou que vous soyez issu d'une famille de musiciens un peu bohèmes à Oslo, ou que vous ayez grandi au milieu des forêts plantureuses de l'Oregon, ou que vous ayez fait vos gammes de piano dans une prestigieuse école des faubourgs de Manchester (bref, que vous soyez un alibi culturel pour parfaits bobos). Mais venir de la province profonde, de Rennes, ça non, ça va pas être possible (y'a déjà Daho, faut pas déconner). On a vu le sort qui a été réservé aux bordelais de Noir Désir par Libération au moment de leur émergence commerciale fulgurante, traités de "groupe entre Trust, Johnny Hallyday et les Thugs" et Cantat de "Jim Morrison de Gironde". Bref, fermons cette parenthèse. 
Dans le numéro de Rolling Stone spécial "Les 100 disques essentiels du rock français", en 2010, on note l'absence de l'album des Nus, mais par contre, on a du Plasticines. Quant au bouquin de Philippe Manœuvre Rock Français (111 albums essentiels), de 2010 également, il ne mentionne pas plus Les Nus (par contre, on a la rockeuse Lio).
Je n'ai pas attendu 2014 pour parler en bien des Nus (cités dans Duran Duran : Les Pop modernes : "meilleur opus français des années 80" et aussi dans Le Nouveau Dictionnaire du Rock - dans la notice Eiffel). Pour rappel, mon livre a été boycotté par toute la presse "spécialisée" française. Bon, en même temps, ils s'en prennent tous plein la tronche dedans, je comprends quelque part ; d'ailleurs, un bandeau rouge devait initialement indiquer : "Le livre que les rock critics vont aimer détester". 
 
Petite précision utile : la rubrique DVD musicaux de Rock&Folk est tenue par Jérôme Soligny. Jérôme Soligny n'est pas parisien, il vient du Havre. Il a pu ce mois-ci faire découvrir à ses collègues parisiens l'existence du groupe culte repris par Noir Désir ("Johnny Colère"). Il y a parfois, comme ça, des réhabilitations qui se perdent. 

Regardez cette petite vidéo sortie des archives de l'ina : une interview du chanteur des Nus (Christian Dargelos) datée de 1984, très éloquente sur le "système" du rock français :

Extrait du DVD Les Nus en concert à l'UBU (enregistré en 2013) :



♫ Carla Bruni "Quelqu'un m'a dit" édition 12ème anniversaire

Avec pochette remasterisée en deux versions (avec le titre dessus ou sans le titre dessus) :

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Pour la petite histoire, j'avais fait part de mon idée au dessinateur Loïc Sécheresse le 28 février 2008 pour illustrer un post sur l'ancienne version du blog. Le lendemain, il m'offrait ces deux magnifiques croquis.

Nous n'en étions pas à notre première collaboration : Loïc Sécheresse avait notamment dessiné la couverture de la deuxième réédition du Musicbook Indochine de A à Z :

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 Cette illustration est à l'origine d'une anecdote marrante que je n'ai pas manqué de lui raconter quelques années plus tard :

Le webmaster d'Indochine, ami de Nicola Sirkis, m'avait dit qu'après la couv' où les 
musiciens étaient assimilés à des quilles (première réédition du Colonel Moutarde à 
l'époque), ils étaient aujourd'hui les poux dans la tête du chanteur avec ton 
visuel. 

samedi 24 mai 2014

♫ Mon interview de Clarika

Après Sheller, Murat, Manset, Corine Marienneau de Téléphone, Vive la Fête, Sébastien Schuller et Romain Humeau (Eiffel), voici mon interview de Clarika réalisée pour Bakchich en 2009 (à l'occasion de la sortie de l'album Moi en mieux).

Interview de Clarika (propos recueillis en mai 2009) :

Bakchich : Quelles sont vos influences (littéraires, cinématographiques, etc.), quels ont été vos premiers chocs musicaux (et les derniers) ?

Clarika : Les auteurs « classiques » qui m’ont fait aimer la lecture sont : Camus, Flaubert, Sarraute, Butor, Proust, Albert Cohen, Prévert, Mauriac, Queneau, Garcia Marquès… Depuis deux, trois ans, je me suis mise à lire beaucoup d’auteurs « contemporains ». J’ai un faible en ce moment pour les femmes écrivaines… Alice Ferney, Marylis de Kerangal, Dominique Mainard, Alona Kihmi, Véronique Olmi... Mais je suis aussi une fidèle de Modiano, Emmanuel Carrère…
Je vais pas mal au cinéma. Les derniers films vus : Villa Amalia, Boy A, The Country Teacher, Ponyo sur la falaise (avec mes filles), Gran Torino
Pour les Français, j’adore les vieux Sautet (Vincent François Paul et les autres, Les Choses de la vie, etc.), Téchiné en général, Tavernier, les vieux Rohmer (j’ai eu ma période Rohmer où j’allais tout voir !) et j’en oublie plein c’est sûr (les frères Dardenne, Almodovar, David Lynch, Ken Loach, Gong Li…).
Me premiers chocs musicaux réels datent de l’adolescence (si on passe la période de
l’enfance marquée par les 45 tours de Sheila, Boney M et Martin Circus avec LA chorégraphie, indispensable, devant la glace…). J’ai en fait découvert la « musique » par le biais de chanteurs qui écrivaient leurs textes et qui me touchaient d’abord par leur propos. Les  Gainsbourg, Bashung, Higelin, Renaud, Thiéfaine, Souchon, Lavilliers furent mes chanteurs de chevet à l’adolescence. Les Rita Mitsouko furent le groupe qui incarnait pour moi la folie de la scène et Catherine Ringer fut sans doute une des chanteuses qui me donna envie de  faire le « show », tout comme Annie Lennox ou Nina Hagen que j’adorais. J’écoutais aussi les Clash, Joe Jackson, Springsteen, les Red Hot, des vieux Stones, Bowie, Lou Reed et les chanteuses comme Patti Smith, Rickie Lee Jones, Marianne Faithfull. Et je mentirais par omission en omettant de citer Trust et AC/DC qui caressèrent (à leur manières) mes oreilles d’adolescente fiévreuse et exaltée !

Bakchich : Quels souvenirs gardez-vous de la période Boucherie Productions, label alternatif sur lequel est sorti votre premier album ?

Clarika : Boucherie fut ma première maison de disques et j’ai eu la chance à l’époque de signer pour un premier album dans un label indépendant « de qualité ».
J’étais la première d’un nouveau département de Boucherie qui s’ouvrait à ce moment-là à des groupes ou artistes moins rock alternatif…
Ça a été très vite, entre le coup de fil de Hadji Lazaro qui recevait notre petite cassette et la signature… ça répondait à notre urgence du moment, c’était génial, et on a eu les moyens (petits mais réels) de faire un premier album sans concessions et qui nous ressemblait, et de partir tout de suite sur les scènes le défendre. Ça nous a donné, à JJ Nyssen (mon complice) et moi, le LA  pour la suite et la détermination pour faire ce qu’on avait envie de faire, comme on en avait envie.

Bakchich : « Bien mérité » est un tube en puissance mais, à l’époque du vite consommé et des textes très premier degré, une chanson mélodieuse faisant appel à une écoute attentive a-t-elle une chance d’être programmée en boucle dans les médias ? Ne risque-t-elle pas de faire peur aux programmateurs frileux (pléonasme), de crainte justement qu’elle soit interprétée au premier degré par les auditeurs ? 

Clarika : J’aurais aimé vous démentir mais vous touchez juste. Quand on a décidé de faire de ce titre un « single », la maison de disques a émis des réserves mais nous étions persuadés - JJ Nyssen, Florent Marchet (les réalisateurs de l’album) et moi même - qu’elle flippait pour rien, le titre étant perçu de manière assez forte et ne laissant personne indifférent a priori. La maison de disques, malgré ses craintes, nous a suivis dans ce premier choix (croyant malgré ces réserves au potentiel du titre) et « pris le risque » (je ne pensais pas que cela en serait un). Or, effectivement, il y a une réelle frilosité des programmateurs radio qui ont peur que :
- soit les gens prennent cela au premier degré (ce qui est rarissime, lorsque ces mêmes personnes ont « accès » au titre !
- soit, et là ils ne le disent pas mais on le comprend, que les gens ne soient tout simplement pas d’accord avec le propos… et là, on le savait, ils n’ont pas toujours tort : certaines réactions sur la chanson (parfois violentes) le prouvent !!
Voilà, je m’attendais bien sûr à des « réactions » mais pas à cette peur des radios de déranger les auditeurs. Nous ne pensions pas avoir écrit un brûlot subversif, loin de là (et je ne le pense toujours pas d’ailleurs). Ceci étant dit, je ne regrette pas ce choix car la chanson vit sa vie vraiment, sans un grand soutien des radios mais par le net aussi et les gens qui la diffusent eux-mêmes et la font passer, etc. Et par l’accueil réservé par la presse également.

Bakchich : « Bien mérité » est symptomatique de la force de vos textes. On sent chez vous une envie de marquer les consciences, d’interpeller l’auditeur,  sans jamais  tomber dans le côté « donneur de leçon ». Pouvez-vous nous en dire plus sur votre façon d’envisager l’écriture d’une chanson ?

Clarika : J’écris à l’instinct et suis assez brouillonne d’une manière générale, mais mon souci premier c’est que mon propos soit perçu comme je pense qu’il doit l’être et j’aime que l’auditeur reçoive vraiment ce que j’ai voulu faire passer (de l’émotion, un message, de l’humour) comme je crois qu’il va le recevoir. Après, les titres vous échappent et c’est ça qui est chouette aussi, c’est que les interprétations divergent – si je puis me permettre ! -). C’est d’ailleurs ce qui me touche dans la chanson : cette spontanéité, cette accessibilité… Après, chacun a son style, sa manière de… Je sais que je suis en général au plus près de moi, et qu’il m’est difficile de tricher en m’inventant des sensations non éprouvées par exemple. En écrivant moi-même mes textes, j’ai le choix de mettre en scène ma réalité comme je veux et de composer mon petit monde à ma sauce…

Bakchich : On sent dans la production du disque, comme sur les précédents, un tiraillement omniprésent entre chanson française tendance variétés et psychédélisme pop/rock à l’anglo-saxonne. Alors la question s’impose : Stone (et Charden) ou Beatles ? 

Clarika : Les deux !! C’est ce qui me plaît dans la « variété » au sens noble du terme. Pouvoir être touché par une pure chanson variétoche, comme on dit (genre un vieux slow italien avec la voix rauque du chanteur qui vous saisit sans que vous ne compreniez vraiment pourquoi) ou un vieux slow psyché de Bowie.

Bakchich : Le classique de Renaud « Mistral gagnant » aurait pu être signé Clarika, pour cette mélancolie poétique et cette part d’enfance prégnantes dans votre œuvre. Est-ce qu’il existe des chansons – dans le répertoire français ou étranger - qui vous rendent artistiquement  « jalouse » ?   

Clarika : Vous me parlez de « Mistral Gagnant », ça me touche car c’est sans doute LA chanson du répertoire français que je garderais s’il n’en fallait qu’une ! Quand une chanson me plaît plus que la moyenne, je n’éprouve jamais de jalousie mais plutôt de l’admiration, et ça me motive pour écrire et essayer d’être à la hauteur…

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vendredi 23 mai 2014

Ce qui a retenu mon attention dans l'actualité aujourd'hui (ou hier ou ces derniers jours)

Bruno Cholet a été condamné aujourd'hui réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, pour le meurtre en 2008 de Susanna Zetterberg, étudiante suédoise de 19 ans (source Le Figaro).

Ce fait divers horrible m'avait beaucoup marqué en 2008, j'en avais déjà parlé sur l'ancienne version du blog, dans un post qui a été diversement apprécié mais dont je ne changerais pas un mot aujourd'hui.

La pauvre Susanna Zetterberg était la plus malchanceuse des filles sur la terre ce samedi 19 avril 2008 : elle est tombée sur le roi des cons et sur le roi des pourris dans le même quart d'heure.

Le roi des cons est le taxi qui a refusé de la prendre sous prétexte qu'elle était un peu éméchée. Ce type a préféré laisser une jeune suédoise de 19 ans se débrouiller seule en plein Paris, à 4 heures du matin, avec un coup dans le nez. De quoi avait-il peur ? Qu'elle vomisse dans sa voiture ? Plutôt crever (ou laisser crever). Bref.

Et le roi des pourris : le faux taxi dénommé Bruno Cholet, ordure sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Parce qu'Eurodisney se trouve à Paris, beaucoup de touristes pensent que Paris c'est Disneyland.

Mais Paris n'est même plus classée dans les 5 capitales les plus attractives du monde, notamment à cause d'un fort recul sur les critères de qualité de la vie (source : Les échos).

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                Paris Plage à marée basse (crédit photo : REUTERS/Gonzalo Fuentes)

jeudi 22 mai 2014

♫ Mon interview de Romain Humeau (EIFFEL)

Après Sheller, Murat, Manset, Corine Marienneau de Téléphone, Vive la Fête et Sébastien Schuller, voici mon interview de Romain Humeau réalisée pour Bakchich en 2009 (à l'occasion de la sortie de l'album A tout moment). J'avais déjà mis cette interview sur l'ancienne version du blog, mais je la ressors aujourd'hui dans la foulée des autres :

Question : A chaque album, Eiffel change de line up, comment expliques-tu cette instabilité ? Le binôme que tu formes avec Estelle, vrai noyau depuis le début, ne suffit-il pas pour être Eiffel ? La formule groupe-couple te fait-elle peur ?

Romain Humeau :
Non, on ne le voit pas comme ça. Il y a eu 6 ans très stables jusqu’au “1/4 d’heure des Ahuris”, 5 ans avec valse des ministères de 2002 à 2007, une période pénible à ce niveau, mais quels groupes ont duré aussi longtemps sans changements? Cela correspond à notre histoire, particulière certes mais tout de même là. Et puis depuis début 2007, nous sommes à nouveau au 3/4 du début avec Nicolas Courret et Nicolas Bonnière qui nous a rejoints. Avec Estelle à la basse, cela donne un très bon équilibre au groupe, je le sens puisque j’y suis, de fait, au centre. Je n’ai jamais pensé à la formule couple mais je pense qu’il n’y aurait aucun intérêt, ni pour Estelle, ni pour moi, ni pour la musique.

Question :   
Qu’est-ce qui a changé pour Eiffel depuis le changement de maison de disques ?

R.H. :
Le changement de maison de disque n’a pas changé Eiffel, nous nous sommes changés tout seuls. Nous avons juste pris le temps de construire ce Studio des Romanos dont nous avions déjà l’idée en 2000. Nous savions que l’avenir d’Eiffel et des projets que j’aurai en parallèle résidait dans cet outil. Soit on se dit qu’on est là pour cartonner, soit on se dit qu’on est là pour bâtir une histoire avant de crever, même si c’est dérisoire. On est plus dans l’être que dans le paraître. Une des brèves de comptoir que j’ai lue dernièrement dit en substances ceci : “Si on mettait une turbine sur tout les désespérés, l’énergie du désespoir fournirait de l’électricité”, et bien c’est toujours un peu ça, on avance, on ne sait pas pourquoi mais on le fait. “Je m’obstine”, c’est ça.

Question :
De qui te sens-tu le plus proche dans le paysage musical français actuel ?

R.H. :
Compliqué de répondre à cette question, on pourrait dire à l’arrache et pour l’état d’esprit et non pour le genre musical : Brigitte Fontaine, Gojira, Stuck in the Sound, The Do, Loîc Lantoine, Debout sur le Zinc... Il n’y a rien en Rock chanté en Français que nous puissions nous mettre sous la dent en ce moment, désolé !      

Question :
Voici les cinq meilleures ventes d’albums en France : 1) Michael Jackson 2) Benjamin Biolay 3) Renan Luce 4) Hugues Aufray 5) Rammstein. Un petit commentaire ? Parmi eux, vers qui vont tes préférences ?

R.H.
 M. Jackson, j’ai toujours été un grand fan, j’avais acheté le vinyle de Thriller à 11 ans en 82 à Paris en vacances chez mon peintre d’Oncle. J’ai toujours adoré la manière dont il dansait, et dont il chantait, comme un batteur, très rythmique et en même temps, on ne peut plus sensuel. Et puis, ce sont les premières Boums et tout ce qui va avec. Benjamin Biolay, je respecte beaucoup ce qu’il fait, c’est bourré d’idées, de choses originales. On a finalement un peu le même parcours, d’un côté autodidacte, de l’autre premiers prix de conservatoire etc... Il a notamment découvert bien des choses avec Clit Boris, ex chanteur de l’affaire Louis Trio, eux mêmes très fans d’XTC dont j’adore toujours autant la musique (j’ai écrit à Andy Pardtrige quand j’avais 18 ans mais il ne m’a jamais répondu...). Par contre avec B.Biolay, contrairement à Gainsbourg, il n’y a pas le climax...et c’est quand même ce que je cherche dans la musique que j’écoute...mais vraiment pas mal du tout quand même. Renan Luce, même si ça ne me touche pas, je dois avouer que c’est le meilleur auteur de la vague ”néo chanson française réaliste”. Il arrive foutrement bien à éviter tout ce qui est cuisine Ikea, frigo, playstation, amour en demi-teinte en matant la télé et en mangeant des pizzas. Ouais, il évite bien tout ça avec une bonne plume et une voix charmante. Et encore une fois, même si ça ne me transcende pas, il a le grand mérite de faire son truc sans participer à cet attroupement de mollusques néo-régressistes. 68 n’a pas donné que des bonnes choses mais enfin ça s’est passé il y a 41 ans, parfois on a l’impression d’entendre des chansons antérieures à cette date là... Une saveur “Douce France” qui me fait flipper, Trénet me fait flipper par exemple... Hugues Aufray : Je connais ses premières chansons car mon père m’a appris la guitare avec entre autres H. Aufray. J’aime bien le mec, mais je ne sais pas ou il en est... Rammstein, j’adore le morceau Rammstein qui est utilisé pour la B.O de Lost Highways de D.Lynch. Je l'ai écouté souvent. Par contre j'ai vu des bouts de live et là pour moi c'est Spinal Tap, à mourir de rire !   
 
Question : Au bout de quatre albums studio de Eiffel, quel regard portes-tu sur l’évolution musicale du groupe ?

R.H. :   Je n’en ai aucune idée, c’est trop tôt me semble-t-il... J’espère qu’il y aura 30 albums d’Eiffel, 10 albums solos et 100 projets parallèles et que là, on pourra en parler et juger, en Enfer ou au Paradis, pardi !

Question :   Quelle est la plus grande chanson de tous les temps pour toi ?

R.H. :
C’est inévitablement une chanson des Beatles....J’aime tout de manière irraisonnée. Cela dépend de l’humeur...J’hésite entre “Julia” chanson venue d’ailleurs et “I’m the Walrus” chanson venue d’ailleurs itou... Allez! “I’m the Walrus”. Mais avec une autre humeur ça aurait pu être “The Mercy seat” de N. Cave !!!

Question :
Tu as déclaré que le précédent album s’ouvrait sur une chanson en anglais pour faire chier le monde. Et sur ce nouvel album, y a-t-il un morceau destiné à jouer ce rôle ?

R.H. :
Oh... J’ai répondu ça pour varier les plaisirs, en interview, il faut savoir s’amuser... Non, aucune chanson de cet album, ni des autres n’est dédiée à faire chier le monde. Mais je ne m’inquiète pas, elles font déjà toutes chier nos détracteurs. Et on en a !!! Là dessus, je suis assez fier !!!

Question :
Dominique A a recyclé sur son dernier album une chanson qu’il avait écrite pour Bashung. Tu avais également été sollicité par Bashung lors des sessions de préparation à « Bleu pétrole ». Que reste-t-il de ce travail ? Quel souvenir gardes-tu de Bashung ? Comment trouves-tu l’album « Bleu pétrole » ?

R.H. :
La chanson de Dominique A dont tu parles est “Immortel” et j’ai travaillé dessus pendant 10 jours en 2006 à ICP/Bruxelles. J’adore cette chanson, j’avais produit ça avec des verres à eau dont jouait fort bien Fay Lovsky, des slides que jouait Tres Manos (ex guitariste des Urban Dance Squad), des guitares Tournevis que jouait Adrian Utley (le guitariste de Portishead) et j’y faisais les batteries, guitares acoustiques, basses, choeurs et Harmonium. Daniel Darc, Marcel Kanche, Miossec étaient là aussi… De ce travail, il reste neuf chansons prêtes à mixer avec différentes solutions, mais les textes n’étaient malheureusement pas tous là. Alain était un garçon très gentil. Très secret et tourmenté aussi. La chanson de Bleu Pétrole que je préfère est “Comme un lego” écrite par G. Manset. Le reste ne me touche pas trop, quand on a eu Fauque et Bergman comme paroliers, ça peut être dur après... En son, “Bleu Pétrole” sonne aux antipodes de ce dont me parlait Alain en 2006, c’est très fin et lissé, très chiadé, alors qu’on ne parlait que de Palace, Will Oldam, Johnny cash et d’un son roots...

Question :
Pour qui aimerais-tu écrire des chansons ?

R.H. :
Brigitte Fontaine, Vanessa Paradis, J Birkin, J Higelin....beaucoup d’autres artistes. Mais aussi pour des gens qui ne chantent pas d’habitude... Sebastien Chabal ou Imanol Harinordoqui!!!....on verra...

Question :
Tu reprends un texte de Villon sur le nouvel album. Quels sont tes écrivains et poètes préférés ? Peux-tu nous parler de ton rapport à leur œuvre ?

R.H. :
Je ne suis pas assez cultivé pour faire le malin là dessus...J’ai adoré “Les Fontaines Silencieuses” et “Rag time” de Calaferte...en ce moment je lis René Char.... beaucoup aimé ”La nuit remue” d’H. Michaux....bien sûr les incontournables, Rimbaud, Baudelaire, Nouveau, Lautréamont etc... Et puis Vian bien sûr !

Question :
Tu disais dans « J’ai poussé trop vite », sublime chanson d’Eiffel : « J’ai poussé trop vite / J’ai bien appris ma leçon / Voyez comme ça vient vite d’être un con ». A qui pourraient s’appliquer ces paroles dans le paysage médiatique ou musical français aujourd’hui ? Les candidats de "la nouvelle star" par exemple ?

R.H. :
Oh , Pas que, pas que....
Les candidats de "la Star Ac"sont plutôt à plaindre, par contre les gens qui les manipulent sont de vrais enculés mondains. Mais "la star ac" n’est pas le seul endroit de l’industrie du disque où tout est toc, à notre époque, on peut en trouver partout, dans le rap, dans la chanson engagée, dans le rock etc....bref, on est cernés. Alors, il vaut mieux rire. Et continuer. On verra.... 


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mercredi 21 mai 2014

♫ Mon interview de Sébastien Schuller

Après Sheller, Murat, Manset, Corine Marienneau (Téléphone) et Vive la Fête, voici mon interview de Sébastien Schuller pour Bakchich, réalisée en 2009, à l'occasion de la sortie de son album Evenfall.

L’interview de Sébastien Schuller

Bakchich : Pourquoi ce choix de chanter en anglais ?

Sébastien Schuller (SS) : Pourquoi pas…

Bakchich : Avez-vous appris l’anglais avec Tears for Fears (« too many tears / too many fears ») ?


S.S : Tears For Fears oui bien sûr, ainsi que d’autres, puis le Hopelandic avec Sigur Ros. 



Bakchich : A l’écoute de votre album « Evenfall », on a l’impression d’être plongé dans un rêve de Brian Wilson. Est-ce la quête du Beau qui vous fait avancer ?

S.S : D’une certaine manière bien sûr, même si l’étrange est tout aussi attractif, tout ça reste bien relatif. 
 


Bakchich : Qu’est-ce qui fait rêver Sébastien Schuller dans la vie, à part boire des bières toute la nuit allongé sur le sable ?

S.S : Et bien pas vraiment le fait de boire des bières, figurez-vous, mais plutôt l’idée de m’éloigner de la connerie. Le problème, c’est qu’il faut partir loin pour ça.



Bakchich : Il y avait un tube potentiel (« Tears coming home ») dans le premier album, mais ici, aucune trace de fulgurance pop, juste des lambeaux de mélodies éparpillés au vent. Syndrome Mark Hollis (chanteur de Talk Talk instigateur du suicide commercial de son groupe après avoir aligné une série de tubes pop/rock dans les années 80) dès le deuxième album ?

S.S : Oh non, cet album est rempli de tubes potentiels.



Bakchich : Que pensez-vous de la déclaration de Moby à propos de son dernier disque : « Je voulais faire quelque chose que j’aimerai, sans me préoccuper de la manière dont le marché l’accueillerait, la créativité comme but ultime, dégagée de toutes pressions mercantiles ». 


S.S : Je pense que lorsque l’on commence à trop à se préoccuper du marché, on oublie ce qui est essentiel en musique, et du coup on produit une musique éphémère, qui ne restera pas.



Bakchich : Y a-t-il de la place pour des voix féminines dans vos compositions oniriques ? 


S.S : Certainement.

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mardi 20 mai 2014

Ce qui a retenu mon attention dans l'actualité aujourd'hui (ou hier ou ces derniers jours)

Une femme a guéri de son cancer de la moelle osseuse à la suite d'un traitement de cobaye pratiqué sur elle : elle a reçu une injection massive, à l'aveugle, du virus de la rougeole, et ça a marché :
http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/sante/article/etats-unis-un-medecin-traite-un-cancer-en-injectant-le-virus-de-la-rougeole-462287

A quand le même traitement appliqué aux chanteurs français bien portants pour voir ce que ça fait ?

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♫ Mon interview de Vive la Fête

Après Sheller, Murat, Manset et Corine Marienneau (Téléphone), voici mon interview de Els Pynoo - chanteuse du groupe belge Vive la Fête -, publiée sur le site de Bakchich en 2009.

 

Interview de Vive la Fête à l'occasion de la sortie de l'album Disque d'or :

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Bakchich : Peut-on faire la fête sans alcool ? 



 Els Pynoo (Vive la Fête) : Ah oui c’est possible ! L’alcool n’est pas le plus important pour faire une bonne fête. Les gens, la sphère et la musique sont les ingrédients déterminants. L’optimisme et l’humour donnent les "Good Vibes". l’alcool est là pour le charme et pour laisser les freins !

Bakchich : Pouvez-vous nous raconter une histoire drôle que font les Belges sur les Français ? 
 

E.P : C‘est une question difficile, je n’en connais pas… juste une :

 Pourquoi les Français aiment-ils tant les histoires belges ?
 Parce qu’elles les font rire trois fois :
 la première quand on les leur raconte
, la deuxième quand on les leur explique,
 et la troisième quand ils les comprennent.

Bakchich : Vos textes semblent de plus en plus autobiographiques, on a l’impression que le couple prend le dessus sur le duo dans ces nouvelles chansons. L’album ressemble à une séance d’auto psychanalyse du couple. Est-ce le cas ou tout n’est que fictif  ?

E.P : Ecrire des textes, c’est toujours faire un peu d’auto psychanalyse. Ma vie avec Danny à la ferme et la vie sur la route avec Vive la Fête sont mes plus grandes influences. Mais toujours je regarde un peu ce qui se passe dans ma tête et au fond de mon coeur…et j’ajoute de l’humour. Mes paroles ne sont (presque) jamais fictives. Je n’aime pas les mots superflus….parce que parfois la parole est d’argent et le silence est d’or.

Bakchich : Vous sortez un best of pour fêter les 10 ans du groupe. De quoi êtes-vous le plus fiers dans ce parcours ?

E.P : Je suis fière de tout ce qu’on a fait. La collaboration avec Karl Lagerfeld était super, un sommet ! Mais à parler franchement, il y a eu plein de moments qu’on n’oubliera jamais. Je suis fière parce qu’on n’a jamais changé et qu’on existe toujours !

Bakchich : Le nouvel album s’appelle Disque d’Or. Pourquoi ce titre ?


E.P : C’est simple… On n’a jamais reçu un disque d’or. Alors cette fois on en a fait un nous-mêmes

Bakchich : Danny pose devant vous sur la pochette. Est-ce pour vous protéger, vous cacher ou privilégier le côté rock de votre image ?

E.P : C’est surtout pour me protéger parce que j’étais nue … mais aussi parce que d’habitude c’est toujours moi au premier plan et j’ai voulu changer ça.

Bakchich : Comment vivez-vous le sens prémonitoire du titre « Noir désir » - décrivant une scène de ménage qui tourne à la folie - en perspective du drame de Vilnius survenu quelques mois après l’enregistrement de cette chanson ? Est-ce que les gens vous font souvent la remarque ?

E.P : Non, les gens n’ont jamais fait cette remarque. C’était un (malheureux) hasard ! On n’a pas voulu changer le titre, aussi parce que Danny aimait le groupe.

Bakchich : Pour moi, Disque d’or est votre meilleur album depuis Nuit blanche, celui de la fraîcheur retrouvée en tout cas. Y’a-t-il une explication à cela ?

E.P : Non, je ne sais pas… On a fait ce que nous voulions. Nous travaillons de façon très impulsive quand nous enregistrons….je ne peux pas t’expliquer. Peut-être que les mêmes émotions ont joué pendant "Nuit Blanche".

Bakchich : Quels sont les groupes que vous appréciez (anciens et nouveaux) ?

E.P : J’adore les années ’60 en France… Gainsbourg, Christophe, Dutronc, Bécaud, Brassens…. mais aussi Alan Vega, Kraftwerk, Foo fighters, Custom.

Bakchich : Qu’est-ce que les Belges ont, que les Français n’ont pas, et vice versa ?


E.P : Je trouve que les français sont plus romantiques, plus chauds ! Les Belges sont peut-être plus fous. Haha

Bakchich : Aimeriez-vous produire un artiste ou un groupe ?



E.P : Moi non, mais Danny a déjà produit quelques groupes locaux. Il aime bien !

lundi 19 mai 2014

Camille LEPAGE (1988 - 2014)

La photographe française Camille Lepage a été assassinée le 11 mai. Elle avait 26 ans. Ce qui est étonnant, hormis le fait que sa mort a été vite expédiée en quelques lignes dans la presse, c'est que pratiquement aucun média n'a parlé de son travail. Hors, elle était une très grande photographe, au talent immense (que je rangerais dans la lignée de Diane Arbus). Une portraitiste exceptionnelle - avec un vrai regard personnel, un vrai ressenti sur les sujets qu'elle photographiait - nous a quittés dans une indifférence scandaleuse et dans des conditions abominables.

J'espère que son œuvre fera date avec le temps et que son nom sera gravé dans l'histoire de la photographie mondiale.

Un cadrage soigné, une lumière qui respire, un regard esthétique et courageux sur le monde qui l'entoure, voici ce que l'on retrouve dans les photos de Camille Lepage :


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dimanche 18 mai 2014

♫ Mon interview de Corine Marienneau (Téléphone)

Après Sheller, Murat et Manset, voici mon interview de Corine Marienneau (la bassiste de Téléphone) publiée dans mon livre Téléphone de A à Z, sorti en 2004 et épuisé aujourd'hui :



J'ai découvert Téléphone en classe de 5ème, ma prof de musique nous avait fait étudier la chanson "Le Chat". Saviez-vous à l'époque que Téléphone était ainsi enseigné dans les cours ? Pouvez-nous nous dire quelle a été votre part d'implication dans cette chanson ?

Je le savais à propos de "La Bombe humaine", mais pas à propos du "Chat". C'est une chanson que j'ai écrite et composée seule chez moi au départ. Elle s'appelait "Au fil du temps", et les paroles avaient un style intellectualo-philosophico-je ne sais quoi. Sûrement très profondes, mais pas du tout séduisantes. La musique a beaucoup plu à mes collègues de bureau, mais les paroles pas du tout. Jean-Louis a écrit l'histoire du "Chat". J'ai détesté. Je ne pouvais pas la chanter. C'était un texte macho et prétentieux, et puis je me suis aperçue qu'en changeant 2 ou 3 verbes, la chanson prenait un sens complètement différent. Par exemple, j'ai remplacé "il DONNE l'amour" par "il VOLE l'amour". Je crois que je n'ai pas changé plus de 3 mots dans la chanson, et elle est devenue mienne. Étonnant, non ?

Pouvez-vous attribuer un adjectif qualificatif à chacun des albums de Téléphone :

Anna : Brut
Crache ton venin : déchirant
Au cœur de la nuit : concentré
Dure limite : dispersé
Un autre monde : délité
Le live : authentique
Paris '81 : historique

Participiez-vous activement aux séances de mixage ou faisiez-vous confiance aux autres en général ? Avez-vous quelques regrets par rapport à la façon dont vous entendiez une chanson dans la tête et ce qu'elle est devenue sur bande ensuite ?

Je me considérais comme nettement moins compétente que les "producers", et j'avais une confiance débordante en Louis. D'une manière générale, Richard et moi avions fait le choix de laisser faire les 2 autres, afin de ne pas compliquer le travail. Je n'intervenais que si quelque chose m'apparaissait comme incontournable. Et puis je n'avais pas cette capacité de "rêver" la musique.

Que vous a appris l'aventure Téléphone ?

Waouh !! !! !! Tant de choses !! !! Entre autres, que l'individu ne m'intéresse que lorsqu'il se met en relation avec les autres, et que ces relations créent quelque chose de plus grand que l'individu.

Croyez-vous au destin ?

Notre destin serait-il de créer notre destin ?

Votre album solo sonne très autobiographique et on a l'impression que vos idéaux n'ont pas changé. Quelle est la différence entre la Corine de 2004 et la Corine de Téléphone ?

Effectivement, il me semble que mes idéaux n'ont pas changé. La Corine de 2004 est bien sûr la même que celle de TELEPHONE, avec bientôt 30 ans de vie en plus. 52 ans dans ma chair, un enfant à guider, quelques désillusions douloureuses et sans doute salutaires en fin de compte, quelques rencontres magnifiques, une quête qui reste effrénée, mystérieuse. Une incertitude.

Quelle place a la musique aujourd'hui dans votre vie ? Qu'écoutez-vous en ce moment ? Avez-vous entendu des choses récentes dont vous vous êtes dit : "C'est génial " ? Ou des artistes à côté desquels vous étiez peut-être passée à une époque et que vous redécouvrez aujourd'hui ?

Samedi dernier, ma fille et moi avons écouté dans la voiture sur l'autoroute une vieille cassette avec du Led Zeppelin, Rickie Lee Jones, Allen Toussaint, Stones, Who. Bien fort. C'était super. Aujourd'hui, lundi, je n'ai rien écouté du tout. Je n'écoute pas énormément de musique. C'est irrégulier. Beaucoup de choses me plaisent. Ça dépend des circonstances. Dans un pub irlandais, assise à côté de trois guitaristes folk, de 2 violonistes et de tous les clients qui chantent super juste à plusieurs voix, et qui tapent sur les tables, je trouverais le folk irlandais absolument génial, alors que je ne pourrais pas en écouter chez moi à Paris. J'aime sentir les gens qui jouent et qui mettent leur âme dans leur jeu. Récemment, quelqu'un m'a fait écouter Kelly Joe Phelps. C'était doux et reposant. Un jeune homme de 15 ans m'a demandé de lui apprendre la basse d'un morceau de Radiohead. J'ai bien aimé.

De quoi êtes-vous la plus fière dans l'œuvre de Téléphone ?

De l'intensité, de la force, de la générosité, de l'intelligence, de l'énergie, de la foi, de l'amour, de l'ardeur, du temps, de la sueur, de l'humour, de la rage, du pardon, de la conscience, de la folie, de l'émotion, des pleurs, de tout ce que nous avons donné, certains sans compter, certains en comptant, pour que l'œuvre de TELEPHONE soit.

Avez-vous l'impression que la démagogie et le cynisme ont encore gagné du terrain dans le show-bizz ou était-ce à peu près pareil avant ?

Il y a des hauts et des bas dans l'histoire humaine. C'est une assez mauvaise période, dans le show-biz, comme ailleurs. J'en veux beaucoup aux gens brillants qui mettent leur intelligence au service d'actions qui ont pour but d'exploiter les bas instincts des gens, afin de gagner le plus d'argent possible. Ils font un très grand tort à la famille humaine, qui rame depuis de nombreux millénaires pour sortir de la barbarie et évoluer vers plus de conscience.

Qu'est-ce que Téléphone avait, que Les Visiteurs n'avaient pas, et vice versa.

Une alchimie rarissime entre 4 personnes de la même génération aux talents miraculeusement complémentaires, ce qui nous a donné la puissance d'un symbole. Les Visiteurs n'avaient rien d'un groupe. Nous avons sans cesse changé de musiciens en espérant reproduire le miracle, tout en sachant que ça ne serait pas.

Si à l'époque de la rupture de Téléphone, on vous avait prédit le parcours musical que chacun aurait par la suite, est-ce que vous referiez la même chose ou croyez-vous que les quatre membres feraient plus d'efforts pour poursuivre l'aventure dans les meilleures conditions humaines et musicales possibles ?

Je suis dans l'incapacité bénéfique de répondre à ce genre de "si" questions.

Quelle est la plus belle rencontre professionnelle que vous ayez faite à l'époque de Téléphone (hormis les musiciens du groupe) ?

J'ai croisé énormément de monde sans vraiment parler de rencontre. Certains m'ont délicieusement impressionnée en un regard comme Bob Marley ou Rickie Lee Jones.

Vous sentez-vous isolée musicalement aujourd'hui ?

J'ai des difficultés à répondre à cette question compliquée pour moi.

Continuez-vous à écrire des chansons ?

De manière irrégulière. J'écris un peu de tout. J'aimerais être plus productive, mais je suis ma pire ennemie et ma pire critique. Je me censure beaucoup. Chères vieilles névroses !!

Vous êtes remontée sur scène pour la tournée de votre album solo, avez-vous ressenti une nouvelle magie, les frissons des débuts ?

Oui, et avec un grand enthousiasme, en particulier lors des 3 derniers concerts de l'été 2003, pendant les actions des intermittents du spectacle. La musique, les paroles et l'émotion étaient renforcées par la nécessité de rentrer à nouveau en lutte contre le libéralisme ravageur, et je me suis sentie agréablement efficace et à ma place.

A quand votre deuxième album solo ?

Heu ? Je ne sais pas. Le plus tôt possible, on va dire !

Y a-t-il une vérité à rétablir sur Téléphone ?

Bien sûr. Mais tout le monde n'est pas prêt à l'entendre, à commencer par les membres du groupe.


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samedi 17 mai 2014

♫ Mon interview de Gérard Manset

Après mon interview de William Sheller, puis celle de Jean-Louis Murat, voici celle de Gérard Manset, toujours pour Bakchich, en 2008, à l'occasion de la sortie de l'album Manitoba ne répond plus. Le disque s'ouvrant sur sa version de "Comme un Lego", chanson initialement écrite pour Bashung, j'ai demandé au chanteur de me nommer un interprète idéal pour chaque titre du disque.

Lire l’interview de Manset

Bakchich : Votre album s’ouvre sur votre version de “Comme un Lego”, morceau indissociable de Bashung depuis sa vibrante interprétation sur Bleu pétrole et sur scène. J’ai imaginé quels chanteurs auraient interprété aussi "idéalement" les autres morceaux de votre album. Etes-vous d’accord avec mon choix : Dominique A pour « Dans un jardin que je sais » ?

Gérard Manset : Moyennement. Plutôt Alain Souchon

Bk : Obispo pour « Le pays de la liberté »

G.M : Florent Pagny

Bk : Murat pour « Aux fontaines j’ai bu » et « Voulez-vous savoir »

G.M : OK ou Lavilliers pour « aux fontaines j’ai bu »

Bk : Cabrel pour « Quand une femme »

G.M : Pourquoi pas

Bk : Pagny pour « Genre humain »

G.M : Julien Clerc ou Alain Bashung

Bk : Lavilliers pour « Le pavillon de Buzenval »

G.M : Ok

Bk : Julien Doré pour « Dans mon berceau j’entends »

G.M : Pas d’opinion. J’ajoute, car vous ne me l’avez pas demandé, que Charles Aznavour aurait interprété idéalement le morceau « Ô Amazonie ».

Bk : Pour en revenir à Bashung : son combat actuel face à la maladie, cette force de faire vivre votre chanson « Comme un Lego » depuis le début de l’année en ouverture de ses concerts, n’est-ce pas une stimulation ultime pour vous décider à monter enfin sur scène, comme un hommage à ce courage, comme un acte de solidarité virile ?

G.M : Malheureusement même les tourneurs commencent à avoir des problèmes.
Le métier s’écroule. Ce n’est pas seulement dû aux téléchargements illégaux mais à la dispersion et multiplication des produits et sollicitations culturelles.

Bk : Avec la crise du disque, ne craignez-vous pas que votre maison de disques ne finisse par vous forcer par contrat à faire de la scène ? D’autant plus que cela serait un événement marquant, que les médias ne manqueraient pas de relayer.

G.M : Aucun moyen de rétorsion (et d’ailleurs à souligner l’attitude extrêmement fair-play et compétente de la maison EMI depuis l’origine)

Bk : Dominique A a affirmé qu’il pourrait faire un album de reprises entièrement consacré à votre œuvre. Et vous, à quel artiste pourriez-vous consacrer un album entier ?

G.M : Charles Trenet

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vendredi 16 mai 2014

♫ Mon interview de Jean-Louis Murat

Après William Sheller, toujours pour Bakchich, voici mon interview de jean-Louis Murat à l'occasion de la sortie de l'album Le Cours ordinaire des choses en 2009 :

Interview de Jean-Louis Murat, réalisée le 28 août

Bakchich : La chanson « La tige d’or » présente des réminiscences avec « Si je devais manquer de toi », est-ce volontaire ?

Jean-Louis Murat : J’ai autre chose à foutre que de me citer. Je mets ma volonté ailleurs.

Bakchich : « Comme un cow boy à l’âme fresh » fait penser au Joe Dassin première période (country), cela sonne-t-il comme un compliment à vos oreilles ?

J-L.M : Chacun ses références. Le XXe siècle c’est Trénet et Dassin, qui puis-je ?

Bakchich : Il y a quelques années, Carla Bruni a annoncé qu’elle allait vous consacrer une chanson, intitulée « Mister M ». Qu’est devenue cette chanson ?

J-L. M : Il faut demander à l’intéressée.

Bakchich : Frédéric Mitterrand a déclaré : « nous avons tous un peu de Michael Jackson en nous ». Qu’est-ce que Jean-Louis Murat a de Michael Jackson en lui ?

J-L. M : Fredo devait penser paire de couilles et trou de bal. Je suis un homme quoi de plus naturel en somme.

Bakchich : William Sheller, qui vous a aidé à vos débuts, a déclaré à Bakchich : « Signer contre le téléchargement illégal ? Autant signer pour condamner les nuages qui passent ». Vous sembliez heureux de la crise du disque il y a quelques années, puisque cela allait permettre de défricher le terrain au profit des artistes de scène. Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de la situation ?

J-L. M : Beaucoup de retraités du biz qui se sont faits de l’or en –70 et –80 ne veulent pas de descendance. Ils veulent rester seuls, ils pensent être modernes en disant n’importe quoi, pauvres gens. Ils nient le droit d’auteur parce qu’ils savent bien qu’ils ne sont pas des auteurs… enfin, j’imagine. Quant aux nuages… c’est l’anthropophagie légalisée. Vive la liberté pour les cons. Foutaises !

Bakchich : Quel est votre pire souvenir de scène ?

J-L. M : Personne dans la salle.

Bakchich : Êtes-vous plutôt Carla Bruni ou Mylène Farmer ?

J-L.M : Les deux.

Bakchich : Cali ou Miossec ?

J-L. M : J’adore.

Bakchich : Zemmour ou Naulleau ?

J-L. M : Les deux.

Bakchich : Raymond Domenech ou Estelle Denis ?

J-L. M : Je préfère les filles.

Bakchich : Johnny ou Didier Wampas ?

J-L. M : Lequel mourra le premier ?

Bakchich : Christine Angot ou Eric Reinhardt ?

J-L. M : Joker.

Bakchich : Renaud ou Grippe A ?

J-L. M : Pour la grippe y a des vaccins, pour l’autre l’euthanasie.

Bakchich : Amoureux des lettres, vous pourriez aisément écrire des livres, comme Manset. Etes-vous parfois tenté de vous lancer dans l’écriture d’un pavé ?

J-L. M : Un livre de merde à la Manset non merci.

Bakchich : Quel est votre dernier coup de cœur littéraire ?

J-L. M : Homère.

Bakchich : Puisque vous aimez les femmes (duos avec Farmer, Camille, Huppert, Bruni, etc.), vous pourriez reprendre « Vous les femmes » de Julio Iglesias. Le buzz médiatique serait assuré en tout cas. Vous aimez cette chanson ?

J-L. M : Je l’ai chantée des centaines de fois sur scène. Je l’ai même enregistrée (exemplaire unique gagné par fan n°2, il me semble).

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jeudi 15 mai 2014

♫ "Mistral Gagnant" par Coeur de Pirate

Enregistrée en une prise voix directe ? Magnifique en tout cas :



Extrait de l'album de reprises La Bande à Renaud :

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♫ Mon interview de William Sheller

Pour Bakchich, en 2008, à l'occasion de la sortie de l'excellent album Avatars (dont la suite est en préparation actuellement) :

Interview de William Sheller

William Sheller a accepté de se confier à Bakchich.info. Entretien sans langue de bois où il est question de slam, des Beatles, de Maritie et Gilbert Carpentier, de misanthropie, de culture française, de crise du disque, etc…

Bakchich : Vous qui trouvez de la matière poétique en toute chose, en voyez-vous dans le slam et ses dictionnaires de rimes ?

William Sheller : « Déclamer la poésie se pratiquait encore récemment dans des cénacles un peu élitistes, il fallait en outre être un « diseur » de talent, et n’est pas Fabrice Luchini qui veut. Le slam, venu des USA est une manière ouverte de dire devant un public, dans la rue, dans un café, des textes de poésie contemporaine, à laquelle les éditeurs ne s’intéressent plus guère. Rime ou pas ce n’est plus le problème depuis Prévert, Cocteau ou Queneau. Ceci dit il y a beaucoup de n’importe quoi, cela semble tellement facile. »

Bakchich : Nicola Sirkis vous a longtemps cité comme influence majeure. Aujourd’hui, ses références sont essentiellement des artistes en phase avec les goûts de son nouveau public. Et vous, connaissez-vous votre public aussi bien ? A quoi ressemble-t-il ?

W.S : « Heureusement que Nicolas a évolué et n’en reste pas à ses premières influences, et puis les temps ont changé. Je ne pense pas qu’il s’adapte pour être en phase avec son public, mais qu’un nouveau jeune public l’a adopté. Personnellement mon public est très varié, inclassable tant en âge qu’en milieu social ou autre. Certains me préfèrent seul au piano, d’autres avec les musiciens. Il y a un peu des gens de tous bords. »

Bakchich :« Alors que le milieu de la musique classique vous honore régulièrement, vous sentez-vous incompris de certains médias ou autres décideurs qui semblent ne tolérer le mélange des genres que lorsqu’il est « tendance » ou « porteur de messages » ?

W.S : Il y a des sortes d’ayatollahs intolérants partout et surtout dans le monde classique. Incompris ? Non puisqu’ils ne cherchent même pas à comprendre ils sont dans leur petit monde « tendance »… quand aux genres porteurs de messages, on aimerait savoir lesquels, à quoi ils servent si ce n’est à enfoncer des portes ouvertes ou de prêcher des convaincus. »

Bakchich : Quel est votre plus grand souvenir télévisuel personnel ? Quel souvenir gardez-vous du Taratata dont vous étiez l’invité principal ?

W.S : « Sans que ce soit un souvenir précis, rien ne remplacera (encore une fois) les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier. On y participait sans avoir forcément quelque chose à vendre. On participait à des sketches, on s’affublait de déguisements, et l’on chantait des chansons écrites spécialement pour l’émission. Quand à Taratata que ce soit en invité principal ou en « invité d’invité » c’est un rare bonheur de pouvoir y chanter en direct comme en scène, avec des conditions techniques de bon niveau. »

Bakchich : Quel est l’album de votre discographie que vous réécoutez avec le plus de plaisir ? Et celui que vous réécoutez avec le plus de regrets ?

W.S : « Je n’écoute pratiquement jamais mes enregistrements une fois qu’ils sont sortis. J’aurais du mal à vous répondre. Si je devais avoir un regret ce serait au niveau des tripotages appelés « remasterisation » dans les compilations, et qui déforment sans vergogne le son des enregistrements d’origine, pour les rendre plus agressifs. »

Bakchich : On ne voit jamais votre nom parmi les artistes signataires qui condamnent le téléchargement illégal. Comment analysez-vous la crise du disque ?

W.S : « Autant signer pour condamner les nuages qui passent… Entendons-nous sur le mot téléchargement. Il y a les sites P2P où l’on trouve parfois des albums un mois avant leur sortie. On y télécharge rapidement des fichiers compressés. Je mettrais ça au même niveau que les logiciels craqués, pour lesquels aucune pétition n’existe d’ailleurs. Par ailleurs, il est des sites où l’on propose tout à fait légalement l’écoute d’albums entiers. Ca n’est pas du téléchargement de fichiers, mais c’est négliger le fait que l’on peut tout à fait les enregistrer au fil de l’écoute.
On peut aussi à partir d’un album acheté en envoyer des copies par simple mail. J’envoie pour des raisons professionnelles des maquettes ou certains de mes morceaux à d’autres musiciens pour des raisons de collaboration, et ce sans le moindre problème.
Je pense qu’il y a eu un manque d’anticipation sur une technologie qui a bouleversé la donne dans tous les domaines. Les grandes majors auraient eu les moyens dès le début de créer des Google ou autres Yahoo et de garder un certain monopole de diffusion. Maintenant que les vannes sont ouvertes on ne peut revenir en arrière.
Oui le CD est cher. Oui il y a plus urgent pour le porte-monnaie que d’acheter un CD. Oui il y a une production de beaucoup de petits talents sympas sans plus, ou de choses formatées pour durer trois mois. Une époque de crise n’est pas favorable à l’aventure artistique et à l’imaginaire. Quand on a comme souci principal de tâcher de ‘tenir les murs pour qu’ils ne s’écroulent pas’ on n’a guère le temps d’imaginer comment en bâtir de nouveaux. Par contre le spectacle vivant a repris de poil de la bête, ce n’est pas plus mal.

Bakchich : Comme Nino Ferrer et Léo Ferré avec leur classique respectif « Le sud » et « Avec le temps », « Un homme heureux » a un peu vampirisé le reste de votre œuvre. Et comme chez ces artistes mélancoliques, on sent poindre une certaine misanthropie dans vos disques (Cf « Camping » sur Avatars). Vous sentez-vous des points communs avec ces deux écorchés ?

W.S : « Il n’y a pas de misanthropie dans « Camping », c’est un personnage qui noie un petit chagrin personnel en se mêlant à un de ces moments de fêtes ou faire l’imbécile avec les autres soulage un peu l’âme. Rien de péjoratif. Ceci étant dit oui je me sens assez proche de ces deux auteurs que vous citez et je trouve l’être humain décevant, c’est vrai. Il a tout pour bien vivre et s’acharne à tout détruire. Le seul mammifère qui souille son gîte et agresse ses semblables. Enfin « Un homme heureux » est un peu pesant parfois, mais se dire que l’on aura au moins laissé une chanson dans la mémoire collective est plutôt rassurant. »

Bakchich : Quel est votre rêve d’artiste non encore réalisé ?

W.S : « Un opéra, un vrai, pas une comédie musicale, mélanger les genres de voix selon les personnages, voix lyriques pour certains, voix naturelles pour d’autres. Peut-être quelque chose plus destiné à la 3D qu’au théâtre… »

Bakchich : « L’influence de Sergent Pepper est perceptible sur Avatars. A propos des Fab Four : de tous les artistes présentés depuis trente ans comme les nouveaux Beatles, Coldplay mérite réellement cette distinction. Que pensez-vous de ce groupe ? »

W.S : « Sergent Pepper a ouvert des portes, celles des arrangements utilisant toutes sortes d’instruments. C’est mon époque, il est normal que j’en aie été marqué d’autant que cela satisfaisait mon envie de mélange des genres Classique + Pop-rock. Coldplay va magnifiquement dans ce sens. Cependant personne ne sera jamais les nouveaux Beatles qui ont fédérés la planète autour de leur musique et ont fait réfléchir tous les artistes de leur temps. »

Bakchich : Les mélodies et l’imagination ont déserté la plupart des productions, les chansons « à texte » d’aujourd’hui ressemblent aux grandes lignes d’un contrat de projet à faire valider par le premier Conseil Général venu, quel regard portez-vous sur l’état de la musique en France ?

W.S : « Je crois que vous avez tout dit là… Qu’est-ce que vous voulez que j’ajoute à ce sentiment que je partage ? LOL Il y a quand même des Camille, des Juliette, Mathieu Chedid, des Delerm, et quelques autres… Ils existent, qu’on aime ou pas c’est selon les goûts mais ils ressortent du lot. »

Bakchich : Grand Corps Malade recevant les insignes de chevalier des Arts et des Lettres au bout d’un seul album, idem pour Abd Al Malik, cela vous inspire-t-il une réflexion ?

W.S :« Les ministères sortent quelquefois ainsi leur arrosoir à médailles … Tant mieux pour Grand Corps Malade et Abd Al Malik… J’ai été moi-même ‘adoubé’ en même temps que Sylvester Stallone … lequel à n’en pas douter a fait beaucoup pour la culture française. »

Bakchich : pouvez-vous nous citer quelques artistes « conseillés par William Sheller » ?

W.S : « Mon pauvre, depuis deux ans que je suis en studio et que je travaille sur cet album j’ai « entendu » vaguement des choses mais n’ai pas eu le temps d’en « écouter »… Je ne serai bon qu’à demander à mon fils ce qu’il y a de chouette à découvrir ces derniers temps, pour avoir l’air d’être au courant et faire le vantard afin de terminer un article en beauté.
Ah si ! Arctic Monkeys, j’aime bien les mélodies simples, entre Fab Four et un saupoudré de Smith par moments, c’est bien construit, bien produit, mais ça n’est pas récent … »

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